02 avril 2007
Voici venues...
Les vacances. Et comme à mon habitude, à chaque vacances, je tombe malade. Que voulez-vous...mon corps doit se dire qu'il peut se permettre d'être malade vu qu'il n'y a plus cours ?
Il faut aussi dire que j'ai enchaîné les soirées jusque tard le soir de mercredi à samedi mais tant mieux. Ce fut de très bonnes soirées.
J'ai revu les slovènes, et c'est décidé si je travaille avant le Québec je pars en slovénie fin août ! Pour un peu plus de 200€ de billets d'avion aller/retour je peux bien me le permettre.
Les spectacles du Fetlyf furent de qualité, cela fait plaisir à voir. J'acheterais et lirait d'ici peu la marche de Koltès, les slovènes en ont joué un extrait et ce fût puissant, très puissant...et pourtant les acteurs m'ont dit que c'était plus réussi lorsqu'ils avaient joués le jeudi soir...diantre !
Mes prochaines lectures (période livresque en ce moment, je n'ai pas de chaine hi-fi à st malo mais ça s'arrangera) :
- Les souffrances du jeune Werther de Goethe, un peu de littérature allemande me ferait le plus grand bien, je suis amateur en la matière, je ne connais que Bretch et autres philosophes d'outre-rhin.
-Les Poésies d'Alfred de Musset, après avoir réalisé une chronique sur lui, je trouve interessant de continuer mon approche sur son oeuvre, les pièces de théâtre que je connaissais déjà sont différentes de ses poèmes (bien que dénigrer par messieurs Baudelaire et Rimbaud). J’ai aussi envie de lire Lorenzaccio, œuvre longue et complexe mais qu’importe !
- Toujours du Camus, son oeuvre très riche, bien que parfois ardue pour ses essais mérite l'attention. Je me dirigerais sûrement vers la peste ou l'étranger, pourquoi pas finir aussi Noces/été ? Mais sans doute je lirais ses pièces de théâtre, alliant idées, forme, maîtrise du langage théâtre, me rappelant parfois sur certains aspects Antigone d'Anouilh, je l'avais lu, mais emprunté, j'en ferais l'acquisition bientôt, j'ai envie de remplir ma bibliothèque.
- Continuons dans le théâtre, j’irais sûrement lire également du Jean Genet, et ce sera l’occasion de lire ce qu’il a fait d’autres, car il était aussi écrivain et poète
Et puis je trouverais sûrement quelques autres bonnes choses à lire. (j’ai aperçu un recueil d’Apollinaire qui me faisait de l’oeil à Cultura : Lettres à Madeleine)
19 février 2007
Musset
Je suis en ce moment dans les lectures d'Alfred de Musset voici un petit extrait en rapport avec l'Amour, thème cher à ce poète :
A Mademoiselle
Oui, femme,
quoi qu'on puisse dire
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l'ivresse ou le désespoir.
Oui, deux mots,
le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le coeur.
Oui, votre
orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n'égale votre puissance,
Sinon, votre fragilité.
Mais toute
puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.
Quel que soit
le mal qu'il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J'aime encore mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.
17 janvier 2007
John Keats - Here lies one whose name was written on water
Allons bon...je suis très prolifique aujourd'hui ! Je me tourne vers la littérature anglaise qui comportent quelques perles très rares dont il serait dommage de nous passer. (eh oui il n'y a pas que Shakespeare ! même si j'admire grandement son oeuvre).
John Keats 1795-1821, mort à peine 25 ans et oui, triste à dire, la tuberculose était à la mode. Il a quand même eu le temps d'écrire, heureusement. 3 ans lui ont suffit, 1817-1820, la dernière année, il souffrait tellement et mourrait lentement qu'il ne composa presque plus. 3 ans, est-ce mieux que notre Rimbaud ?
Keats est un poète romantique, il tombé amoureux de l'antiquité, de la mythologie...de la beauté elle-même qu'il recherchera tout au long de sa (courte) vie. Il aime les femmes elles représentent également la beauté, et veut se faire aimer d'elles, il en a besoin, elles sont sa muse. Nombre de poèmes, ôdes et de lettres furent composées pour ou grâce à elles, les plus belles qui soient...(les lettres ou les femmes ?...devinez ;) )
Il partira à Rome, sachant sa fin proche, il s'éloigne de sa fiancée pour lui épargner la douleur du spectacle de sa mort, quel beau geste me direz-vous, emprunt d'amour et d'empathie ! Il composa lui-même son épitaphe, c'est surement la phrase que l'on retient le plus souvent de lui :
"Ci-gît celui dont le nom fût écrit sur l'eau"
"Here lies one whose name was written on water"
Pour les amoureux de la langue anglaise je vous conseille les versions originales, sinon il existe aussi de bonnes traductions.
« Ce jour a disparu, et avec lui toutes ses délices !
Délices de la voix, délices des lèvres, douce main
Et gorge plus douce encore,
Souffle tiède, murmure d’extase, doux chuchotements,
Éclats des yeux, forme parfaite et taille langoureuse !
Fanée, la fleur et les promesses de ses charmants boutons,
Fanée, la belle image échappée à mes yeux,
Fanée, la forme belle échappée à mes bras,
Fanée, la voix, la chaleur, la blancheur et le paradis !
Tout s’est évanoui trop tôt à la nuit close,
Au crépuscule, quand le jour, ou plutôt la nuit de fête
Commence, de l’amour aux courtines embaumées, à tisser
La trame d’ombre où cacher les plaisirs.
Mais, comme j’ai lu d’un bout à l’autre aujourd’hui
Le missel de l’amour,
Il me laissera du moins dormir en me voyant
Qui jeûne et prie. »
« Ma main que voici vivante, chaude et capable
D’étreindre passionnément, viendrait, si elle était
Raidie
Et emprisonnée au silence glacial du tombeau,
A ce point hanter tes jours et transir les rêves de tes nuits,
Que tu voudrais pouvoir exprimer de ton propre cœur
Jusqu’à la dernière goutte de sang,
Pour que dans mes veines le flot rouge fasse de nouveau couler la vie
Et que ta conscience s’apaise.
Regarde, la voici ; je la tends vers toi. »
« Une leçon merveilleuse sur ton visage silencieux :
Un énorme savoir me transforme en dieu.
Noms, exploits, grises légendes, évènements sinistres,
Rebellions,
Majestés, voix souveraines, tortures,
Créations et anéantissements, tous ensemble
Se viennent en foule se loger au creux de ma cervelle,
Me défiant, comme si quelque vins joyeux
Que j’eusse bu, ou quelque éclatant et incomparable
Élixir
M’avait rendu immortel »
Inauguration
Pour inaugurer cette catégorie je poste une citation d'un Grand. Samuel Beckett, un auteur de l'Absurde, courant tellement intéressant et profond à lire, mais aussi très compliqué à résumer. Je n'en ferais pas, mais je vous invite à en lire et à allez voir des pièces.
"Ici tout bouge, nage, fuit, revient, se défait, se
refait. Tout cesse, sans cesse. On dirait l’insurrection des molécules,
l’intérieur d’une pierre un millième de seconde avant qu’elle ne se
désagrège.
C’est ça, la littérature."
Samuel Beckett, Le Monde et le pantalon, 1989.
Je rajoute autre chose...un poème, sensuel...beau...tellement beau. Ecrit par un incontournable, le poème est lui-même assez connu, il reflète certaines pensées que j'ai et que nous avons tous. Je n'étais pas déja d'une humeur très bonne, alors quand j'ai lu cela ça m'achevé. Mais je suis presque content, c'est bel achèvement au moins...
Laisse-moi
respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout
mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les
agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des
souvenirs dans l'air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens!
tout ce que j'entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum
comme l'âme des autres hommes sur la musique.
Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de
mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent
vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond,
où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la
peau humaine.
Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de
chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de
navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et
compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.
Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des
longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire,
bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs
et les gargoulettes rafraîchissantes.
Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac
mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois
resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta
chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de
l'huile de coco.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand
je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je
mange des souvenirs.
Un Hémisphère dans une chevelure de Beaudelaire