Golden Boy

"if people don't like it now, they will" Albert Ayler

02 décembre 2009

Dialogues de sourds.

Pour l'instant je n'ai rédigé qu'un seul compte-rendu de la dernière édition de la Route Du Rock...mais ce concert valait son pesant de caouet's. My Bloody Valentine, c'était sensé être la meilleure soirée de la route du rock depuis bien longtemps si les têtes de glandus de The Horrors n'avaient pas annulés pour avoir leur semaine de vacances complète. (The Horrors que j'ai pu voir à l'ubu dimanche dernier...c'était weird, des bons et des mauvais côtés je sais pas comment je vais faire si jamais je rédige un compte-rendu) : mais matez plutôt : Crystal Stilts, Deehunter, Tortoise, My Bloody Valentine, A Place to Bury Strangers (ouais ouais ils ont osés nous achevés les tympans avec eux, mais c'était vraiment bon ça en vaudra surement un texte) et pour finir la nuit les remplaçants Snowman.

La tête d'affiche de ce festival est très attendue par les fans et autres curieux spectateurs au Fort de St Père. Après le set de Tortoise les gens commencent déjà à installer des bouchons dans leurs oreilles, parce qu'évidemment la réputation de My Bloody Valentine a déjà fait son office et peut-être que l'installation de l'impressionnant mur d'amplis de Kevin Shields n'y est pas étrangère.
Pourtant quelques échos venus des coulisses se font sentir, le groupe bruitiste veut évidemment mettre le volume à fond et les programmateurs légèrement effrayés pour leur matériel palabrent sur les assurances à prendre.


Mais à 23h et des poussières ce ne sont pas quelques décibels de plus ou de moins qui feront la différence dans nos tympans. Au tout premier riff de guitare, histoire de tester la-dite sono, je ne peux m'empêcher de réprimer un grand juron, la petite déflagration sonore choque et ce malgré les protections que je porte, et je pense alors aux autres spectateurs aux oreilles vierges qui vont prendre cher ce soir.
Mais passée la première chanson certains en redemandent ! "Pas assez fort !" crie-t-on. En effet le technicien son fait des siennes et l'on verra continuellement entre les chansons Kevin Shields discuter avec lui. Je remarque même que le volume est légèrement baissé à chaque début de chanson tellement le groupe en remettait une couche.

Et quelle couche !
Un volume si puissant que je n'avais vu ça qu'une seule fois, avec un artiste noise de la scène japonaise. La saturation des guitares est constante, impressionne, les voix de Bilinda Butcher et Kevin Shields sont couvertes par les nappes et vagues sonores... Pourtant l'on reconnaît des chansons comme "Only Shallow" et l'on sourit. Les effets restent les mêmes pour peu qu'on y fasse attention, My Bloody Valentine choisit juste de déculper leur puissance par un bruitisme qui frôle l'indécence musicale. On peut tout à fait comprendre certains spectateurs déçus ou mécontents de ce traitement mais je trouve que cela restait dans leur esprit, dans leur univers musical. Là ou certains groupes cultes se reforment pour des raisons pécuniaires et n'offrent guère de performances transcendantes en live, My Bloody Valentine est là avec un concept qui leur est propre et n'en change pas quelques soit les pressions.
Les oreilles continuent de bourdonner tout au long du concert, certaines chansons sont plus dynamiques, plus rock que les autres, il n'y a pas que les ambiances dans le groupe il y a une energie sous-jacente qui se dégage. Mais l'on attend avec impatience le dénouement, le point final de cette expérience ; "Holocaust Session".

Le sol tremblait. Je pense avoir assez fait de concerts pour savoir que ce n'est pas si commun que cela. Le sol tremblait toujours. Durant plus d'un quart heure il n'a pas arrêté de trembler. Il n'y avait pas de musique à proprement parler, juste un bruit, un son développé par les instruments avec une telle puissance qu'on ne pouvait rien faire d'autre que rester scotché devant. C'était comme assister de manière auditive au décollage d'une fusée et c'était une première. Il fraudat d'ailleurs leur demander, aux ingénieurs de l'aérospatiale si c'est pareil, et leur faire écouter... Peut-être même qu'ils apprécieraient !

Avec le temps, My Bloody Valentine est peut-être passé sur scène d'un groupe shoegaze à un groupe noise tout en gardant son répertoire d'origine, cela peut déplaire mais heureusement pour moi j'en ai gardé une certaine satisfaction. Et même que je re-signerais bien pour une prochaine fois.


Setlist :
 
I Only Said
When You Sleep
You Never Should 
(When You Wake) You're Still In A Dream
Cigarette In Your Bed
Come In Alone
Only Shallow
Thorn
Nothing Much To Lose
To Here Knows When
Slow
Soon
Feed Me With Your Kiss
You Made Me Realise

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28 novembre 2009

Chemins sonores tortueux

L'an passé, parisien, je faisais un certain sitting dans le parc de la villette à l'occasion du festival "jazz à la villette" une programmation toujours très alléchante mais souvent hors de prix. J'avais cassé ma tirelire, mais j'en fus heureux. Comme ce 12 septembre 2008 à la cité de la musique pour aller voir Tortoise :

Et oui la formation issue de Chicago est toujours en activité et c'est d'ailleurs cette scène qui était à l'honneur, puisque la soirée était intitulée " Chicago Night ", en présence de deux autres invités : Kevin Drumm aux effets et Rob Mazurek à la trompette. J'étais évidemment très curieux d'entendre le résultat et surtout de voir un groupe quasi-culte dans le milieu du rock indé et du post-rock.

Des guitares, des xylophones, une basse, une batterie ainsi que les invités, la formation est donc conséquente. Rob Mazurek et Kevinn Drumm joueront essentiellement pour les introductions ou les clôtures des morceaux, leurs jeu flirtant beaucoup avec un son très expérimental ou noise, les Tortoise ne sont pas difficiles et s'en accommodent bien. Sur scène le son des Tortoise montre qu'ils ont changé depuis toutes ces années, la musique qualifiée autrefois de post-rock a mué et l'on est peu surpris d'entendre dans ce projet une musique très proche d'un rock progressif à l'allure un peu plus moderne grâce aux effets électro de Kevin Drumm. Les xylophones bien mis en valeurs caressaient nos oreilles tandis les guitares n'avaient rien de leur rythmique sans toutefois être trop agressives. Le trompettiste quant à lui se plaisait à allonger son souffle et ses notes durant les intermèdes.

Le public ne s'y trompe pas, Tortoise est toujours là, pas forcément où l'on l'attend et alors ? Pas moins de trois rappels dont un reprenant un de ses classiques que le public appréciera chaudement et certainement trop content de profiter de ce groupe plutôt rare ces derniers temps.

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Ils résident partout dans la musique...

Ca va faire bientôt un an.

La 30ème édition des Transmusicales approche et bien évidemment j'y serais, c'est l'occasion de revenir sur le gros concert que j'attendais l'an passé, revenu spécialement pour eux de paris. Le fantasmagorique groupe avant-garde (et ce même après 40 ans d'existence) : The Residents. En voici le compte-rendu du concert au parc expo de rennes, hall 3, 6 décembre 2008 :

The Residents et l'art d'être où on ne les attend pas, puisque c'est comme cela qu'ils ont toujours fonctionné. Ils sont devenu mythiques et il fallait bien vérifier cela en concert !
Alors la seule date française de leur tournée pour un groupe plutôt rare sur scène c'est évidemment alléchant, ça le devient encore plus quand ça l'est aux Transmusicales et non plus dans une banale salle parisienne.
Même après avoir écouté le disque du Bunny Boy qui est à 1ère vue plutôt accessible, on y va à l'aveugle. Le décor est déjà planté, deux parties de chaque côté de la scène avec une porte centrale au milieu.
Les Residents arrivent modestement sur scène et surtout anonymes, autrement dit cagoulés, costume en queue de pie, des lampes de chaque côté de la tête et des oreilles de lapins en guise de couronne. Car c'est l'album du Bunny Boy qui va être au centre des attentions et joué entièrement. Claviers, percussions électronique et guitare leur suffisent pour accompagner l'autre, pour ne pas dire unique star de la soirée: le Bunny Boy.

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Le Bunny Boy est un bel allumé; barbe et cheveux gris, avec une voix rauque. Durant tout le concert il arpentera la scène, assurant la voix principale de cette pièce musicale. Oui ce concert n'en est pas vraiment un, n'oubliez pas que ce sont les Residents, refaire du Eskimo ou un Third Reich'n Roll n'aurait pour eux aucun sens, même si ça n'aurait pas déplu à certains fans dans le public qui auraient aimé quelque chose de plus... tribal ou expérimental ?
En plus de la musique, en plus de cet acteur, on retrouve la vidéo. Des vidéos filmées à la 1ère personne en quasi amateur par le bunny boy qui veut résoudre une quête, c'est là toute l'intrigue du show et de l'album, un personnage tourmenté, obsédé et confiné dans une pièce, une cave qui montre tout son reflet, des lapins et autres références partout sur les murs. On le voit lire des e-mails et regarder des vidéos sur Youtube pour résoudre son dilemme, prendre à témoin continuellement le public et finira lui-même déguisé en lapin. Oui je avais dis que c'était un allumé. Tout cela évidemment sur le fond musical des Residents. Le rythme est discontinu: les vidéos s'imbriquent entre chaque chansons qui illustre plus ou moins l‘idée ou le contenu de la vidéo. Cela peut gêner et c'est voulu, les Residents sont à prendre comme ils sont, c‘est leur œuvre, le Bunny Boy a été conçu pour cela, comme une sorte de masque, une illusion pour détourner l‘attention du spectateur vers le Bunny Boy et non pas sur eux, c‘est un côté théâtre qui arrange tout le monde. Alors au final on s'habitue et on se prête même au jeu; que va-t-il arrivé au prochain épisode, à la prochaine chanson ?
Je remarque que les chansons sont légèrement réarrangées mais bien reconnaissable: la folie du Bunny boy n'est pas totalement destructrice mais ne communique pas non plus, chose que l‘on aurait peut-être pu apprécier, mais ici la musique des Residents sert plutôt de catalyseur, ils l‘aident, l‘accompagnent avec leur musique dans son aventure.
A partir de là comment réussir à juger vraiment un "concert", un concept comme celui-là ? L'essai d'une œuvre complète à la manière des Residents mais sans y mettre aucune prétention. Sur scène comme en studio les Residents sont fidèles à eux-mêmes.

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17 novembre 2009

Oh impossible i block the sunlight out

Coïncidence un nouveau message après un an.

Une mise ou des mises à jour.

Bientôt...enfin peut-être.

Enfin depuis le temps les liens Deezer sont morts, bien fait pour vos gueules et allez acquérir les cds et/ou vinyles (parce que j'ai ressorti la platine des parents, un petit bonheur...).

Mais ne rêvez pas, le blog sera toujours aussi moche à lire faut pas déconner déjà que je suis sympa d'écrire (à ce propos j'essaierais d'être un peu plus propre dans l'expression). Je ferais moins de concerts cette année, mais j'ai quelques archives à ressortir...comme une chronique sur les Residents.

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19 novembre 2008

The dodos...

Parce qu'il faut faire la douloureuse sélections des concerts que je vais voir, et que je ne peux pas tous les faire. Le porte-feuille ne le permet pas. Alors il y en a sur lesquels on saute (A Silver Mt Zion, Shellac entre autres) et d'autres ou on hésite et finalement, non on y assiste pas. The Dodos appartiennent à la 1ère catégorie, leur album "Visiter" est la très bonne surprise de l'année 2008, alors quand je vois qu'ils passent au Point Ephémère (petite salle plutôt agréable et pas loin) pour un tarif raisonnable (même prix que Brant Bjork tiens...), je n'hésite que très peu de temps et hop c'est parti pour un concert des Dodos ! (cliquez pour lire la chronique).
dodos


Posté par Kaliayev à 17:47 - Concerts - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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