21 décembre 2009
Shellac of North America - concert à Nantes 06.06.08 [retour]
C'est affreux je ne connais même plus mon propre blog : étant persuadé d'avoir posté la chronique du concert de Shellac il y a un an et demi ou du moins relayé par un lien. Mais non. Surement qu'en fait je pensais (et je pense toujours) faire un article plus complet et lèche-cul dans la catégorie "Commandements", ça viendra.
En attendant la dite chronique, pas la meilleure que j'ai fais mais ça reste une trace d'avoir assisté à un concert de Dieu :
Pour tout fan de rock indé, assister à un concert de Shellac, est un mini-évènement. On hésite pas, on fonce. Encore plus quand on sait que la salle de l'Olympic est parfaite pour ce genre de concert, et de petite capacité. Lors du passage de Shipping News 10 jours auparavant, ils nous avait chaudement recommandé cette soirée. La première partie, Mission Of Burma, des vieux de la vieille qui ont inspiré une grande partie de la scène indie rock des 90's passe avec quelques longueurs, une bonne énergie, mais un son volontairement saturé usant l'oreille à la longue avec l‘ampli guitare au bord de la scène, des bouchons n'auraient pas été de refus.
Le temps de l'entracte pour se désaltérer et voir la salle se remplir
encore plus, il est loin le temps où il y a 20 ans Albini jouait dans
d'obscurs salles et caves américaines. Je suis peu étonné que tout le
monde se soit passé le mot. Comme à son habitude on voit la formation
installer elle-même le matériel, toujours fidèles à leurs valeurs.
Albini portant un bleu de travail marqué d'un " E ", " E " pour
Electrical Studio, son studio. Autre élément culte de leur image. Steve
Albini, y travaillant le reste de l'année, ainsi que son compère Bob
Weston qui l'y accompagna durant une douzaine d'année.
Le groupe retourne sur scène, tous sur la même ligne en avant scène. Voir enfin la gestuelle du batteur Todd Trainer est un plaisir pour les yeux et les oreilles, ici pas de son saturé, mais une musique, claire, précise et puissante, comme j'en ai rarement entendu de pareille ! Comme en studio, la réputation n'est donc pas volée, ce ne sont pas des amateurs. Car après 15 ans de formation, ils sont bien rôdés pour nous offrir ce qu'ils ont de meilleur. Une aisance sur scène qui impressionne presque, sans pression comme des gars heureux d'être en vacances mais ne négligeant pas pour autant leur prestation. Le public très chaud, bouge beaucoup au milieu, pas mal de pogos dans la 1ère partie. Qui a dit que Shellac était un groupe de rock minimaliste ?
Une intro habituelle à la " My Black Ass ", la setlist est composée de
chansons des 4 albums, pas de jaloux. Très à l'aise, on les sentirait
presque en vacances ! Le temps de laisser aux spectateurs quelques
questions, pratique qui ne réussit pas beaucoup, la barrière de la
langue y a son rôle, mais sûrement que le public préféra les voir
continuer de jouer plutôt que de parloter, Bob Weston répliquera :
" C'est compris dans le prix du billet, vous avez payé pour ça ! ".
Arrivent les 2 chansons bulldozer, " Steady as She Goes " et leur hymne
" My Prayer to God ". Ils se payent même le luxe de mimer les avions
durant " Wingwalker "... haranguant la foule " I'm a Plane " oui, vous
êtes bien des avions qui volent, haut, si haut que " The End of Radio "
vient pour les faire atterrir, relâchant par la même occasion une
certaine tension du concert la même note de basse qui prostre ou
hypnotise selon les cas le spectateur. Et puis une des meilleures
compositions de leur dernier album, que j'attendais avec impatience,
" Be Prépared " , montrant une fois encore toute leur puissance, un
rock brut et direct.
Pas de rappel : le concert se finit sur " Spoke " où Steve Albini et
Bob Weston vocalisent à tout va avant de défaire leur matériel alors
que le batteur continue méthodiquement de jouer, jusqu'à ce qu'il n'y
ait plus rien. Rien, il faut bien ça sinon on les verraient bien
continuer à jouer jusqu‘à la fin de la nuit. Voilà ce qu'est un concert
de Shellac: un vrai et bon concert de rock, ni plus ni moins.
(crédits photo' pour Dom's sur cette dernière photo lors du concert bordelais du lendemain)
NB : Il n'y a pas de liens deezer ou autres pour ecouter Shellac, je l'expliquerais plus en détail un jour mais ce sont des "puristes".
- Le concert de Nantes filmé par un amateur : mis en ligne sur youtube
- Leur page sur le site de leur label, non moins culte lui aussi : Touch & Go Records
- A noter également que Touch & Go réédite en ce moment les albums de The Jesus Lizard c'est noël profitez-en !
20 décembre 2009
The Horrors - Ubu 29/11/09 [retour]
Bon allez faut quand même que je la sorte cette chronique de The Horrors.
Si vous ne le savez pas encore The Horrors sont des gros cons. Mais comme leur musique vaut un certain détour par nos oreilles on leur pardonne (qu’à moitié…l’annulation à la route du rock parce qu’on veut une semaine des vacances c‘est lâche du slip…Sarkozy crierait au scandale).
Fin novembre, la boite à sardine de l’ubu à rennes, évidemment complet, un dimanche…ouais un dimanche, me demande bien ce qu’il dirait Sarko avec ce travail dominical, The Horrors cultive les paradoxes. Le public est quand même plutôt jeune, ce n’est pas vraiment la même chose que ceux des Sisters Of Mercy par exemple.
1ère partie intéressante expérimentale krautrock new wave electro bourrin, Brandon Smith qui m’accompagnait n’a pas aimé (forcément) mais le batteur assez doué déferlait à très bonne vitesse les bpm*…assez pour nous chauffer.
Musique d’intro, The Horrors vient sur scène.
Je vais être direct : les 10 premières minutes étaient d‘un grand ennui, chiant…limite horrible : The Horrors n’aime peut-être pas le travail dominical en tout cas je ne les sentais pas dedans. Il faut noter le jeu de scène du chanteur proche du ridicule il s'y croyait trop, beaucoup trop genre "je suis un mec dark gothique adm
irez moi" à la The Crow oui on aurait dis un homme à l’allure d’un corbeau (attention Todd Traîner de Shellac a la dégaine d’un homme corbeau sur scène mais Todd Traîner a la classe, peut-être parce qu’il a du poil au menton et qu’il est plus vieux). En tout cas ce jeune corbeau aimait prendre la pose sur les retours pour que ses groupies lui masturbe la jambe, comprenez le ridicule un hardos des 80/90‘s n‘aurait pu faire mieux l se payait même le luxe d'une pose quasi-messianique les bras levés vers le ciela. On était pris de haut, d'ailleurs d'autres spectateurs l'ont remarqué et se sont également foutus de lui (sûrement des frustrés de la route du rock comme nous, les bretons aiment pas les coups de putes…souvenez-vous en). Le chanteur sûrement fourbu de la cuisse répondra aux attentes sexuelles de ses groupies du 1er rang par un flegmatique crachat sur l’achat scène, la réaction du public restait assez timorée.
Bon maintenant la musique :
Le volume n’était d’abord pas assez fort surtout pour leur genre musical j'étais à la limite de réclamer My Bloody Valentine, faudrait que je me bourre la gueule lors de leur prochain concert à la route du rock. Heureusement la puissance sonore est venu petit à petit (j‘étais à moitié sourd après le concert).
C'est vraiment au bout des 10 minutes que le concert à décoller pourtant ils avaient commencés exactement avec les 1ère chansons de Primary Colours largement plébiscité dans la 1ère partie du concert…3 bonnes nouvelles sont alors arrivées en même temps. Pile au moment ou je désespérais d’assister à un concert correct… je commençais a regarder le score du match OL - rennes sur le téléphone, comme quoi foot et musique ne sont pas forcément incompatible, et qu'en fait rennes se prenait pas une branlée avec un gardien de 17 ans et qu‘il se payait le luxe de mener au score, passons l’aparté sportif The Horrors dans le même moment finit de se rôder. Il était temps d'espérer.
Dans l’ensemble interprétation des titres était bonne, le rappel était le plus intéressant : une reprise de Suicide (finalement ces gamins ne sont pas si incultes qu'ils n'y paraissent) au punch et à l’énergie qui réveille, donne un coup de fouet à la salle…les autres titres viendront de leur 1er opus, <i>Strange House</i>, moyen en studio ils ont su habilement sublimer ces titres pour rendre quelque chose de très réussi j’en étais le 1er surpris. Peut-être bien plus réussi que ceux de Primary Colours qui étaient juste bons à l‘exception évidemment d‘un gros Sea Within A Sea pour clore la partie Primary Colours et d‘un chanteur dans ses meilleurs moments plus inspiré et inquiétant quand son jeu était plus sobre c'était quand même le minimum de ce que j'attendais au vu de l'album...soit c'était un tour de passe passe de leur producteur et ils auraient vraiment été mauvais en live soit il y avait quand même quelque chose, l'essence de The Horrors.
On notera la présence d’un potentiomètre inutile donc totalement indispensable qui trônait au dessus de l’ampli du guitariste, ça donnait de la gueule quand les fréquences sonores faisaient jongler ces lignes. Certains pourront couiner (à raison vu la réputation du groupe) sur la durée du set : 1h05 mais au regard du prix très modique c'est honnête. Allez rende-vous à la route du rock pour revoir ce plaisant clip pornographique et zoophile sur la masturbation d'une patte de corbeau.
Mirror’s Image
Three Decades
Primary Colours
I Can’t Control Myself
New Ice Age
Scarlett Fields
I Only Think Of You
Whole New Day
Who Can Say
Sea Within A Sea
-------
Ghost Rider (Suicide cover)
Count In Fives
Sheena Is A Parasite
Gloves
Pour ceux qui ont manqué le concert rennais il y aura une session rattrapage le vendredi 19 février à St Malo lors de la route du rock hiver !
17 décembre 2009
The Sisters Of Mercy
Pour une fois je donne un titre simple et évocateur, je déterre une chronique de concert vieille de plusieurs mois afin de donner l'illusion d'une activité blogesque : le concert du 7 mars 2009 des Sisters of Mercy au Bataclan, Paris...bonne lecture.
Ce soir là le bataclan sentait la sueur et le cuir. Les crêtes
capillaires et autres accoutrements louches des nombreux fans et
nostalgiques faisaient honneur aux Sisters Of Mercy, eux peut-être pas.
Après une très bonne prestation du jeune groupe ILikeTrains
en 1ère partie, comparé aux vieilles stars gothiques, les Sisters Of
Mercy sont là, sur la scène du bataclan et ovationnés par leur public.
Seulement 2 guitaristes pour accompagner le chanteur et la cultissime
boite à rythme propre au rock des années 80. Mais c'est aussi à cause
de cela que le bât blesse, cette boite à rythme, en plus d'être sur
mixée, donne un tempo trop carré aux chansons. Les 2 guitares sont
presque anecdotiques, leurs meilleurs moments sont quand ils partent
dans des clichés de solos hard-rock fm c'est dire s'il y avait un petit
décalage... les chansons sont presque défigurées pour certaines. Le
chanteur quand à lui, vraie figure de proue du groupe ressemblait à une
caricature d'esclave germanique sado-masochiste crâne rasé habillé tout
en cuir noir comme on croyait n'en voir que dans les films de série Z.
Sa voix passait difficilement à travers le rock gothique joué derrière
un son presque noise, peut-être là une volonté de coller au son des
vieilles cassettes audio datant de 20 ans.
Beaucoup de choses à jeter dans ce concert certes mais ce qui m'a
vraiment surpris c'est la loyauté, la fidélité du public envers ce
groupe, qui même avec une prestation moyenne reste là, présent et
enthousiaste, une émotion communicative pour peu qu'on ait un minimum
d'empathie et heureusement c'était mon cas. Je n'ai même pas ressenti
beaucoup d'ennui a part à un moment, sur une ou deux chansons ou je
sentais également une certaine perplexité du public face au
réarrangement d'une ou deux chansons au milieu du concert, se demandant
ce qu'il se passait.
Alors oui ce n'était pas le meilleur concert que j'ai vu mais avec à un
public aussi fidèle, qui n'a même pas l'air d'être abruti et quand même heureux être ici, on arrive
à tenir sur la longueur... le statut quasi-culte de ce groupe à
peut-être aussi eu son effet, il faut de temps en temps savoir ne pas
demander la perfection.
Remerciement tout spécial à 17 seconds pour m'avoir donné l'opportunité gratuite d'assister à ce concert.
02 décembre 2009
Dialogues de sourds.
Pour l'instant je n'ai rédigé qu'un seul compte-rendu de la dernière édition de la Route Du Rock...mais ce concert valait son pesant de caouet's. My Bloody Valentine, c'était sensé être la meilleure soirée de la route du rock depuis bien longtemps si les têtes de glandus de The Horrors n'avaient pas annulés pour avoir leur semaine de vacances complète. (The Horrors que j'ai pu voir à l'ubu dimanche dernier...c'était weird, des bons et des mauvais côtés je sais pas comment je vais faire si jamais je rédige un compte-rendu) : mais matez plutôt : Crystal Stilts, Deehunter, Tortoise, My Bloody Valentine, A Place to Bury Strangers (ouais ouais ils ont osés nous achevés les tympans avec eux, mais c'était vraiment bon ça en vaudra surement un texte) et pour finir la nuit les remplaçants Snowman.
La tête d'affiche de ce festival est très attendue
par les fans et autres curieux spectateurs au Fort de St Père. Après le
set de Tortoise les gens commencent déjà à installer des bouchons dans
leurs oreilles, parce qu'évidemment la réputation de My Bloody Valentine a déjà fait son office et peut-être que l'installation de l'impressionnant mur d'amplis de Kevin Shields n'y est pas étrangère.
Pourtant quelques échos venus des coulisses se font sentir, le groupe
bruitiste veut évidemment mettre le volume à fond et les programmateurs
légèrement effrayés pour leur matériel palabrent sur les assurances à
prendre.
Mais à 23h et des poussières ce ne sont pas quelques décibels de plus
ou de moins qui feront la différence dans nos tympans. Au tout premier
riff de guitare, histoire de tester la-dite sono, je ne peux m'empêcher
de réprimer un grand juron, la petite déflagration sonore choque et ce
malgré les protections que je porte, et je pense alors aux autres
spectateurs aux oreilles vierges qui vont prendre cher ce soir.
Mais passée la première chanson certains en redemandent ! "Pas assez
fort !" crie-t-on. En effet le technicien son fait des siennes et l'on
verra continuellement entre les chansons Kevin Shields discuter avec
lui. Je remarque même que le volume est légèrement baissé à chaque
début de chanson tellement le groupe en remettait une couche.
Et quelle couche !
Un volume si puissant que je n'avais vu ça qu'une seule fois, avec un
artiste noise de la scène japonaise. La saturation des guitares est
constante, impressionne, les voix de Bilinda Butcher et Kevin Shields
sont couvertes par les nappes et vagues sonores... Pourtant l'on
reconnaît des chansons comme "Only Shallow" et l'on sourit. Les effets
restent les mêmes pour peu qu'on y fasse attention, My Bloody Valentine
choisit juste de déculper leur puissance par un bruitisme qui frôle
l'indécence musicale. On peut tout à fait comprendre certains
spectateurs déçus ou mécontents de ce traitement mais je trouve que
cela restait dans leur esprit, dans leur univers musical. Là ou
certains groupes cultes se reforment pour des raisons pécuniaires et
n'offrent guère de performances transcendantes en live, My Bloody
Valentine est là avec un concept qui leur est propre et n'en change pas
quelques soit les pressions.
Les oreilles continuent de bourdonner tout au long du concert,
certaines chansons sont plus dynamiques, plus rock que les autres, il
n'y a pas que les ambiances dans le groupe il y a une energie
sous-jacente qui se dégage. Mais l'on attend avec impatience le
dénouement, le point final de cette expérience ; "Holocaust Session".
Le sol tremblait. Je pense avoir assez fait de concerts pour savoir que
ce n'est pas si commun que cela. Le sol tremblait toujours. Durant plus
d'un quart heure il n'a pas arrêté de trembler. Il n'y avait pas de
musique à proprement parler, juste un bruit, un son développé par les
instruments avec une telle puissance qu'on ne pouvait rien faire
d'autre que rester scotché devant. C'était comme assister de manière
auditive au décollage d'une fusée et c'était une première. Il fraudat
d'ailleurs leur demander, aux ingénieurs de l'aérospatiale si c'est
pareil, et leur faire écouter... Peut-être même qu'ils apprécieraient !
Avec le temps, My Bloody Valentine est peut-être passé sur scène d'un
groupe shoegaze à un groupe noise tout en gardant son répertoire
d'origine, cela peut déplaire mais heureusement pour moi j'en ai gardé
une certaine satisfaction. Et même que je re-signerais bien pour une
prochaine fois.
Setlist :
I Only Said
When You Sleep
You Never Should
(When You Wake) You're Still In A Dream
Cigarette In Your Bed
Come In Alone
Only Shallow
Thorn
Nothing Much To Lose
To Here Knows When
Slow
Soon
Feed Me With Your Kiss
You Made Me Realise
- Myspace My Bloody Valentine
- Ecoutez l'album "Loveless" sur Deezer
- La gallerie photo du concert sur Taste Of Indie
28 novembre 2009
Chemins sonores tortueux
L'an passé, parisien, je faisais un certain sitting dans le parc de la villette à l'occasion du festival "jazz à la villette" une programmation toujours très alléchante mais souvent hors de prix. J'avais cassé ma tirelire, mais j'en fus heureux. Comme ce 12 septembre 2008 à la cité de la musique pour aller voir Tortoise :
Et oui la formation issue de Chicago est toujours en activité et c'est
d'ailleurs cette scène qui était à l'honneur, puisque la soirée était
intitulée " Chicago Night ", en présence de deux autres invités : Kevin
Drumm aux effets et Rob Mazurek à la trompette. J'étais évidemment très
curieux d'entendre le résultat et surtout de voir un groupe quasi-culte
dans le milieu du rock indé et du post-rock.
Des guitares, des xylophones, une basse, une batterie ainsi que les
invités, la formation est donc conséquente. Rob Mazurek et Kevinn Drumm
joueront essentiellement pour les introductions ou les clôtures des
morceaux, leurs jeu flirtant beaucoup avec un son très expérimental ou
noise, les Tortoise ne sont pas difficiles et s'en accommodent bien.
Sur scène le son des Tortoise montre qu'ils ont changé depuis toutes
ces années, la musique qualifiée autrefois de post-rock a mué et l'on
est peu surpris d'entendre dans ce projet une musique très proche d'un
rock progressif à l'allure un peu plus moderne grâce aux effets électro
de Kevin Drumm. Les xylophones bien mis en valeurs caressaient nos
oreilles tandis les guitares n'avaient rien de leur rythmique sans
toutefois être trop agressives. Le trompettiste quant à lui se plaisait
à allonger son souffle et ses notes durant les intermèdes.
Le public ne s'y trompe pas, Tortoise est toujours là, pas forcément où
l'on l'attend et alors ? Pas moins de trois rappels dont un reprenant
un de ses classiques que le public appréciera chaudement et
certainement trop content de profiter de ce groupe plutôt rare ces
derniers temps.
19 novembre 2008
The dodos...
Parce qu'il faut faire la douloureuse sélections des concerts que je vais voir, et que je ne peux pas tous les faire. Le porte-feuille ne le permet pas. Alors il y en a sur lesquels on saute (A Silver Mt Zion, Shellac entre autres) et d'autres ou on hésite et finalement, non on y assiste pas. The Dodos appartiennent à la 1ère catégorie, leur album "Visiter" est la très bonne surprise de l'année 2008, alors quand je vois qu'ils passent au Point Ephémère (petite salle plutôt agréable et pas loin) pour un tarif raisonnable (même prix que Brant Bjork tiens...), je n'hésite que très peu de temps et hop c'est parti pour un concert des Dodos ! (cliquez pour lire la chronique).
13 novembre 2008
Jésus joue dans un groupe de rock canadien
J'ai enfin vu en formation complète A Silver Mt Zion. J'en avais déjà vu une partie accompagnant Vic Chesnutt à la route du rock. Et j'en parlais également sur l'article que j'avais écris sur le post-rock. En effet il était grand temps de les voir.
Pourra-t-on jamais être déçu par ces canadiens qui donnent tant sur scène ? Leur musique évolue au fil des albums et des tournées, des ambiances atmosphériques l'on passe à un rock poignant et sensible, comme cela, presque naturellement.
Et puis comment ne pas apprécier la sympathique que suscite leur leader Efrim, une figure quasi-christique. Imaginez un peu Jésus jouant dans un groupe de rock qui fait des blagues avec le public sur Motley Crue et Judas Priest (groupe de Hard rock/heavy métal, enfin vous voyez le style de ces kékés...). Le dernier artiste aussi sympa sur scène que j'avais vu c'était Patrick Watson à rennes, et là encore c'était un canadien...
Pour lire la chronique du concert c'est ici.
- Myspace
- Label Constellation
- Ecoutez l'album Horses In The Sky sur Deezer
- Ecoutez l'EP "Pretty Little Lightning Paw" sur Deezer
- Ecoutez l'album "This is Our Punk-Rock" sur Deezer
- Gallerie photo par olivier.peel sur Flickr
11 novembre 2008
In Famous carrousel, partie 2 : Keiji Haino ou l'art du vocal noise.
Keiji Haino ou l'art du vocal noise. (cliquez pour lire la chronique)
Cette soirée aurait pu s'intituler comme cela. Haino, une icône de la japanoise, dont l'apport musical et autres collaborations parlent pour lui. Un concert comme celui-là est une expérience particulière et originale. Autant dire que le Duke était content d'avoir enfin vu son idole (qui reste cependant assez inaccessible, mais c'est aussi le "charme du personnage").

(oui il joue bien dans le noir)
09 novembre 2008
In Famous carrousel, partie 1.
Une soirée du festival « In Famous Carrousel » au centre Pompidou pour pas cher et pas dégueulasse. Mais c’était surtout l’occasion de voir un artiste japonais plutôt rare en Europe : Keiji Haino. Ni une, ni deux, Benji alias Duke (Duke of Prunes & à l'ombre du son) monte à la capitale pour ce mini évènement digne d’un vrai geek de l’underground noise japonais, il était de mon devoir de l’accompagner, mais pour aussi dire que j’aurais vu une fois dans ma vie Keiji Haino (sans trop l’avoir écouté, mis à part Fushitsusha, je l’avoue).
Mais pour l’heure 2 autres artistes le précède. Le 1er, Internet2, est la 1ère bonne surprise. Un jeune espagnol, un bricoleur de son qui fait accessoirement sa 1ère date française ici. Vêtu d’une cape multicolore cachant sa tête au début du set, on le sent un peu nerveux et impressionné d’être ici. 
Un bricoleur de son oui. Outre sa clarinette, il s’est fabriqué un bien curieux instrument, un grand clavier d’une dizaine de grands pads sur le sol qu’il faut presser avec ses pieds. Chaque pad selon les chansons est associé à un son ou sample différent. Les combinaisons deviennent donc multiples et la structure de la chanson devient encore plus malléable, selon l’humeur et le talent du musicien. Donc on voit s’escrimer le musicien avec ses pieds tel un « danseur » , c’est assez drôle à voir, très ludique aussi.
Dans son élan et sa joie, il part faire une roulade sur ce clavier, activant tous les sons les uns après les autres. Et là c’est le drame. Le pc relié au clavier était trop près. La fin de la roulade se conclue par une collision entre les pieds du musicien et son pc.
Bug.
Oui un joli bug, il a sûrement fait planter l’alimentation de son pc. Internet2 déjà peu sûr de lui, devient encore plus gêné et essaye de ne pas paniquer et redémarre son pc. Il essaiera tant bien que mal de meubler, précisant sa pensée sur la musique, chaque son selon lui à une âme, un sentiment, un esprit. Le truc de l’universalité quoi, il croit à ce qu’il fait et c’est déjà bien, il a déjà un beau potentiel. L’incident terminé le concert reprend. Il a un peu de mal à souffler dans sa clarinette qui accompagnait parfois les samples et décide de se centrer sur son clavier, pas plus mal puisque c’est ce qui plaît le plus. C’est vraiment marrant à voir, surtout qu’il se débrouille bien.
Nouvelle surprise, il réparti chaque pad en demi cercle sur la scène et demande aux spectateurs de monter sur scène et de jouer avec lui, quelque uns montent. Puis il leur donne des instructions, pour chaque pad joué, faire une figure, genre tourner sur soi-même, sauter dans un carton ou taper dans les mains. La chose devient encore plus ludique et comique à voir, au début cela ressemble encore à quelque chose musicalement, puis au fil de la chanson cela devient évidemment plus fou, tout le monde appuyant n’importe comment et très vite : un grand bordel musical ! Mais encore une fois très plaisant, le jeune homme est attachant et l’on se replairait bien à le voir à nouveau…
La seconde artiste à suivre est anglaise, mais d’origine indienne : Bishi. Elle arrive avec un costume doré et une espèce de coiffure en banane des plus kitsch…ça commence bien. Elle est seule, sa voix et son sitar plus son sampler qui joue tous les autres instruments. On aurait aimé avoir d’autres musiciens, la touche bollywood aurait été parfaite, et aurait pu rattraper sa prestation.
C’était drôle, peut-être même plus qu’Internet2 mais pas pour les mêmes raisons. Bishi, au fil du concert, on le comprendra c’est la pop-disco très bollywood, le kitsch du costume va donc très bien avec la costume. Son jeu de scène est tout autant ridicule, prenant souvent la pose avec les mouvements de têtes qui vont avec. Duke et moi on en pouvait plus de rire(je signale que nous n’étions pas les seuls, heureusement). Je crois qu’elle l’a un peu compris vers la fin du concert, ou peut-être pas, ne sachant pas si son regard de « tueuse » était inclus dans le personnage.
Pendant ce temps-là, moi avec tous ces côtés indiens je réclamais la reprise de Kashmir (led Zeppelin), en vain (tant mieux, en même temps car massacrer Led Zep en bollywood je ne sais pas si j’aurais supporté). Ajoutons à cela quelques clips vidéos louches de vidéastes underground anglais diffusés en fond de scène.
Arrive enfin la dernière chanson, la plus grandiloquente, un gros beat box mis très fort genre rnb.
Pendant ce temps-là (et d’autres) la grand-mère (allemande?) à côté de moi se bouche les oreilles. Je passerais sur d’autres détails croustillants…ce concert m’a fait voir définitivement que je ne n’aime pas la musique bollywood, mais la vraie musique indienne si.
La suite de la soirée avec Keiji Haino très bientôt.
27 octobre 2008
Tricky
Parce qu'un concert gratuit de Tricky juste à côté de chez soi ça ne se manque pas. (Cliquer sur le lien pour lire la chronique...)




